1ER ALBUM
EPITAPHE
DISPONIBLE
 
VERONE - CLIP OFFICIEL
 
ALTITUDE - CLIP OFFICIEL
 
SINCERE - CLIP OFFICIEL
 
BOBOS - CLIP OFFICIEL
 
 
Depuis que la génération Y s'est emparée de la pop française pour en réinventer les codes, la french touch en a vu de toutes les couleurs. Et dernièrement, ce sont les années80 qui ont été les plus mises à l'honneur sur la scène musicale hexagonale. À ce petit jeu, Charles Like The Prince fait une entrée en trombe, emportant avec lui un bagage musical très varié : indéniablement ancré dans la mouvance revival électro-kitsch des années 80 à la manière d'une Cléa Vincent ou The Pirouettes, Charles Like The Prince garde également un œil tourné vers la scène nord-américaine, s'inspirant à la fois de l'afro-pop de Vampire Weekend et de l'univers décalé de Mac Demarco. Mais le prince se veut aussi fédérateur : après avoir fait ses armes sur la scène indé parisienne et lassé des codes que celle-ci lui imposait, il réussit la prouesse de rassembler dans son premier album solo, Epitaphe, toutes ses influences au sein d'une production assumée «mainstream» afin de toucher le plus grand nombre sans pour autant trahir ses racines.

Au départ, pourtant, Charles n'était que peu intéressé par la scène française. Dans le petit coin de Vendée où il grandit, tout le monde écoute plus ou moins la même chose. Mais lui serait plutôt du genre à vouloir se démarquer; et lorsque sa vieille demeure familiale s'ouvre aux joies d'Internet, il découvre le monde merveilleux de Myspace qui l'entraîne, de profil en profil, à la découverte de nouveaux groupes que personne autour de lui ne connaît. Et c'est d'abord la musique à guitare qui l'emporte : métal, rock, punk, etc. Si ce temps semble aujourd'hui révolu, son écriture en garde une certaine trace : loin des bluettes naïves dont les années 80, en France, sont souvent le cliché, Charles Like The Prince utilise la langue de Molière pour écrire des textes à double sens dont la noirceur est enveloppée par une poésie pudique et appliquée. Pas question pour autant de sombrer dans la mélancolie. Car pour lui, la musique doit rester «joyeuse et accessible».Une conviction que Charles s'est forgé en se frottant à la scène musicale parisienne et sa foule qui fait de l'élitisme cloisonné un véritable sacerdoce. A Paris, Charles délaisse ses études pour se concentrer sur son groupe, Home Most Days, avec lequel il joue à la Boule Noire, au Klub, à la Flèche d'Or, etc. Mais il se lasse rapidement des codes indies qui veulent que tout ce qui devient grand public se voit dénigré. Il se lance alors dans un projet solo qui prend la forme d'un défi : celui de jouer la musique qu'il aime tout en séduisant les auditeurs de tous bords. La langue française s'impose alors à lui: lâchant le bouclier de l'anglais qui lui permettait de prendre la pose, Charles se retrouve et puise sa richesse dans son identité de descendant d'aristocrates grandissant entre Chante France et les débuts de Youtube.

Trois ans plus tard, le défi est relevé : sur Epitaphe, Charles Like The Prince injecte par touches des sonorités audacieuses, inspirées de sa culture pointue, dans un paysage musical plus mainstream, comme pour rompre les codes et redistribuer les cartes. Et la forte identité visuelle qui l'accompagne suit la même logique. Sur scène comme dans ses clips, il incarne un personnage qui semble sorti tout droit des rideaux à fleurs de sa grand-mère, avec lesquels il fabrique ses costumes, mais plongé dans une culture geek faite de lolcats et d'une esthétique à la fois précise et colorée. Une esthétique maîtrisée jusqu'au bout de ses guitares qu'il confectionne lui même pour customiser sa musique comme son look. Il en ressort un univers surprenant, presque dérangeant, qui contraste avec l'apparente naïveté de sa petite tête blonde. Volontairement suranné mais terriblement moderne, Charles Like The Prince est prêt à se faire une place parmi ces digital natives qui veulent faire revivre la pop française en utilisant leur héritage mondialisé. Mais cette fois sans mettre de côté notre langue, Charles Like The Prince semble bien décidé à faire bouger les choses au royaume de la french touch.